Mercredi 11 février 2026, Conférence par Victor Cachard, Historien.
À l’échelle internationale, les principaux textes de lois définissent le sabotage comme une atteinte matérielle portée par des infrastructures d’importance vitale. C’est aussi ainsi que l’imaginaire commun identifie le sabotage. En éclairant l’origine sociale du sabotage, on doit pourtant le redéfinir.
Dans son élaboration dans le giron du syndicalisme révolutionnaire à la fin du XIXᵉ siècle, notamment par Émile Pouget, le sabotage est conçu comme une remise en cause de la valeur travail visant à fissurer un mode de production capitaliste nuisible pour les individus. Alternative à la fois aux actions solitaires des anarchistes individualistes et à la pratique classique de la grève, il s’inscrit au cœur même de l’activité économique, comme une forme de ralentissement volontaire. Le sabotage apparaît alors non seulement comme un acte de destruction mais aussi comme une méthode de terrain, un art de la désobéissance concrète, qui invite à relativiser les oppositions binaires entre travail et repos, productivisme et antiproductivisme. Au contact de nouveaux terrains de lutte et face aux mutations de la société industrielle, il acquiert ensuite une nouvelle signification : il devient un modèle de résistance au croisement des luttes écologiques, sociales et anticapitalistes. Ce sont sur les subtilités historiques des luttes contre le productivisme que la contribution de Victor Cachard sur le sabotage permettra de revenir.
Victor Cachard est auteur de deux livres sur l’histoire du sabotage et libraire.
Mercredi 11 février à 20h00, Maison de Quartier sous-gare, Avenue Dapples 50, Lausanne.






