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Philofolie
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"Je supposerai donc qu'il y a […] un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, qui a employé toute son industrie à me tromper. Je penserai que le ciel, l'air, la terre, les couleurs, les figures, les sons et toutes les choses extérieurs que nous voyons, ne sont que des illusions et tromperies, dont il se sert pour surprendre ma crédulité." René Descartes, Méditations métaphysiques |
Créé en 1987, le Groupe romand d'accueil et d'action psychiatrique (GRAAP) est une association de personnes concernées par la maladie psychique. Plus de 1000 membres, plus de 4000 membres de soutien, patients, ex-patients, proches, bénévoles, étudiants, professionnels des domaines de la santé mentale et institutions partagent le même effort pour rendre la psychiatrie plus humaine. Mieux comprendre la maladie psychique, donner un sens à sa vie, trouver les moyens pour mieux vivre avec, créer des réseaux d'entraide et de solidarité, sont quelques uns des principes qui sous-tendent ses actions. Le GRAAP travaille aussi à déstigmatiser la maladie psychique, sachant combien nous avons tous une part de folie. Parmi d'autres activités, le GRAAP organise chaque année un congrès qui réunit près de 300 personne au Casino de Montbenon à Lausanne, ainsi que deux cycle de conférences à l'hôpital psychiatrique de Cery.
Le GrVd et le GRAAP travaillent ensemble pour mettre sur pied un cycle d'événements autour d'une rencontre entre philosophie et folie.
Y a-t-il un terrain commun entre philosophie et folie?
Comment éviter de positionner la philosophie comme observateur et la folie comme curiosité?
Comment mettre sur un pied d'égalité philosophie et folie,
sans pour autant banaliser la souffrance provoquée par la psychose?
Nous voulons privilégier une approche "à hauteur d'homme" du rapport entre folie et pensée philosophique. Ainsi nous refusons notamment d'engager une étude en surplomb de l'aliénation mentale à partir de la philosophie ou d'une quelconque autre discipline. A hauteur d'homme, cela signifie notamment refuser de mesurer d'emblée les questions à l'aune des disciplines déjà constituées et des problématiques déjà élaborées par la tradition. Il s'agit en somme de trouver un langage qui soit propre à notre rencontre, ici et maintenant, pour en privilégier l'originalité tout en mesurant les différences. Cela signifie également qu'il faut dans la mesure du possible chercher à se maintenir au niveau de l'expérience que font les gens, et du discours qu'eux-mêmes tentent d'élaborer.
Ainsi la folie est-elle une expérience fondamentale pour l'être humain qui la traverse. Celui-ci doit pouvoir témoigner de la souffrance qu'elle implique, mais aussi de la part de vérité qu'une telle épreuve permet d'articuler quant à l'existence même de l'homme. Pour cela, il est important de laisser à cette expérience le soin de trouver ses propres mots pour s'exprimer, sans la contraindre a priori à adopter des catégories préexistantes.
De la même manière, la philosophie ne doit pas être ici envisagée comme un savoir d'école, mais comme une expérience de vie, qui engage des sujets et des corps. Cette expérience passe notamment par une remise en question radicale de toutes les évidences du monde, et jusqu'à la cohérence même de celui-ci. En ceci, il y a une dimension de folie qui hante la réflexion philosophique.
Pourtant, en philosophie comme après un épisode psychotique, il s'agit de pouvoir reconstruire une stabilité, assurer la cohérence relative d'un monde et la possibilité d'une existence douée de sens. Quelle est alors la spécificité propre d'une construction qui a traversé le péril de la désintégration du sens ? En est-elle renforcée, ou au contraire plus consciente de sa fragilité? Si l'on privilégie cette dernière possibilité, il y aurait là une dimension essentiellement critique, vis-à-vis de toutes les fausses certitudes qui structurent nos rôles sociaux.
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Bibliographie "philofolie" proposée par notre partenaire Sophie's Lovers, librairie philosophique |
Programme:
Mercredi 13 juin à 20h30
Atelier 2
Discussion collective autour des enjeux de la rencontre entre philosophie et folie. Reprise finale du thème de la saison. Discussion libre et ouverte à tous: amenez vos questions et vos envies! La séance sera animée par des membres du Groupe Vaudois de Philosophie et du GRAAP.
Toutes les informations ici
Maison de Quartier Sous-Gare, Av. Dapples 50, à Lausanne
